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22e
Festival
du film italien
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VILLERUPT
FAIT SON CINEMA PARADISO
Quinze jours
d'immersion au cur de la "petite Italie" pour partager
les rires et les larmes d'un cinéma qui se fait trop rare
sur nos écrans. Pour sa 22e édition, Villerupt a vibré
pour un cinéma qui lui est cher en faisant découvrir
aux festivaliers les dernières merveilles du cinéma
italien.
Depuis 1976, "la petite Italie" (surnom donné à
Villerupt) n'a cessé de se démener, grâce à
des bénévoles dévoués et un délégué
artistique dynamique, Oreste Sacchelli, pour que vive le cinéma
transalpin hors de ses frontières. Derrière le souci
d'élire un film exploitable en France, il y a surtout l'ambition
de valoriser la cinématographie italienne (dont le regain
de vitalité est certain) et de regrouper une petite communauté
d'amoureux du cinéma.
Diversité
représentative
Le cinéma
italien est caractéristique d'un mélange des genres
que le Festival a su saisir. Des drames aux comédies franches
("La bomba" de Giulio Base, drolatique parodie du milieu
mafieux), en passant par des histoires d'amour bouleversantes, ont
largement démontré cette diversité.
Caractérisé par des expériences individuelles
et une grande modestie, le cinéma de la nouvelle génération
aborde de front le quotidien, avec le souci de serrer au plus près
la réalité et d'observer avec justesse la vie des
gens: à l'image de l'excellent "Dîner" d'Ettore
Scola, révélateur des pensées de chacun, et
de "En marge du monde" de Giuseppe Piccioni (en lice aux
prochains Oscars), l'histoire d'une novice dont la vie se trouve
bouleversée par un nouveau-né abandonné. Cinéma
à fleur de peau, parfois âpre et dur comme dans les
films de Gianni Amelio, parfois comique et dérisoire comme
chez Benigni, il n'en reste pas moins représentatif de l'état
d'esprit de l'Italie actuelle avec ses craintes et ses désirs.
Les visages marqués de douleur ou de tendresse, la réalité
au quotidien, les petites misères de la vie, représentent
pour ces réalisateurs une source d'inspiration inépuisable.
Autre genre très apprécié par les Italiens,
le cinéma policier. Le carabinier, figure récurrente
et incontournable des films méditerranéens, a cette
année inspiré le Festival de Villerupt. Sur le thème
"22, v' là les carabiniers", une rétrospective
associée à des expositions a ainsi consacré
ce personnage emblématique. Francesco Rosi, Elio Petri, Luigi
Comencini, Pietro Germi, Ettore Scopa, mais aussi Damiano Damiani,
font partie de ces réalisateurs qui ont marqué les
belles années du polar à l'Italienne. Parmi leurs
grands films: "La Mafia fait la loi", "Cadavres exquis",
"Meurtre à l'Italienne", "Salvatore Giuliano",
"Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon"
L'occasion de (re)découvrir ces chefs-d'uvre des années
60-70.
Les
rencontres
Des réalisateurs
et des acteurs italiens reconnus ont tenu à honorer le Festival
de leur présence. Marco
Bellochio en tête, dont le drame intimiste sur fond de
révolution "La Nourrice" a touché les festivaliers.
Dans le rôle de la mère à qui on retire son
enfant, la charmante Valeria Bruni-Tedeschi est bouleversante.
Gianni
Amelio, connu pour avoir signé des films au sens de la
réalité brûlant comme "Lamerica",
"Portes ouvertes" ou encore "Mon Frère",
(récompensé par le Lion d'Or à Venise en 1998),
a reçu un hommage mérité de la part du Festival.

Du
côté des comédiens à l'honneur, agréable
découverte dans les portraits d'amis d'un acteur dont le
talent n'a d'égal que sa sympathie, Enrico
Lo Verso, venu avec son dernier film "Les Brigands"
pour une projection exclusive. Valeur montante du cinéma
italien dont le succès ne devrait pas tarder à s'exporter,
on l'a découvert en France dans "Farinelli" de
Gérard Corbiau. Un acteur à suivre que l'on retrouvera
bientôt dans le téléfilm de Josée Dayan
"Les Misérables", aux côtés de Gérard
Depardieu, Virginie Ledoyen et Asia Argento.
 
Présence
remarquée également du fantaisiste Claudio Bigagli
et de son "Guerrier Camillo", fable humaniste et fantasque
qui a emporté les faveurs du jury présidé par
Carole Gaessler. Munis souvent de maigres budgets, ces nouveaux
talents n'en manifestent que plus intensément leur désir
de communiquer leurs expériences et leurs émotions.
De là résulte sans doute la principale force du cinéma
transalpin.
Loin des grosses productions américaines, le cinéma
italien fait partie de ceux qui parviennent encore à nous
étonner, à nous dérouter parfois, à
nous émouvoir surtout, et à nous faire prendre conscience
tant de la dure réalité de la vie que de sa "légèreté"
comme le soulignait Roberto Benigni à Cannes. Un état
d'esprit
Elisa GOUVENEL
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Reportage Villerupt 1999 | Sélection
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