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25ème
Festival
du Film Italien
Du 25 octobre au 11 novembre
2002
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ENZO
d'ALO:
le
dessin animé intelligent
Ce
prix de la ville de Villerupt, remis comme chaque année à
une personnalité attachante, Enzo d'Alo
le méritait bien. Avec trois films d'animation à son
actif, ce napolitain de 49 ans au regard malicieux connaît
un succès incontestable auprès de tous les âges.

- La
freccia azzura (La Flèche
Bleue) 1997
- La gambbianella e il gatto (La
Petite Mouette et le Chat) 1998
- Momo alla conquista del tempo (Momo
à la conquête du temps) 2001
Grand magicien
des images, Enzo d'Alo adresse ses
films à tous les publics, car d'après lui, "les
enfants, les jeunes et les adultes ont à peu près
les mêmes possibilités de comprendre les histoires".
Il ajoute : "Je ne pense pas qu'on doive inventer des histoires
pour enfants spécifiquement, mais plutôt essayer de
donner une histoire très amusante et après instaurer
des niveaux différents de lecture des images, du texte, de
la musique, ce qui permet à tout le monde d'avoir compris
quelque chose. Mais il n'y a pas un niveau pour enfants, un niveau
pour adultes, car il y a des adultes qui comprennent moins que les
enfants et qui s'arrêtent au premier niveau. En revanche,
certain enfants avancent jusqu'au troisième ou quatrième
niveau
"
Son approche
du dessin animé s'est faite totalement par hasard, mais il
y trouve bien son compte. Contrairement aux films traditionnels,
le cinéma d'animation lui permet "d'utiliser la métaphore,
la poésie, de communiquer des messages très importants
sans être démagogique et en amusant les spectateurs."

Ce qui l'importe
beaucoup, c'est la digestion du film par le public. Il s'explique
: "Je ne dois pas donner dans mon film un message que j'ai
déjà digéré. Je préfère
donner tous les éléments et laisser au public le plaisir
d'élaborer son propre message, qui correspond ou non au message
lancé par le réalisateur. Dans Momo
à la conquête du temps,
le président des hommes gris est très méchant.
Alors des journalistes, en Italie, m'ont demandé s'il représentait
Berlusconi. Je leur ai répondu "non", car lorsque
Michel Ende (auteur du récit
dont est tiré le film) a écrit son livre, Berlusconi
ne faisait pas encore de politique. Une autre fois, un enfant de
cinq ans m'a demandé pourquoi dans le film le professeur
était si mauvais. Personne n'avait jamais appelé le
président des hommes gris "professeur", c'était
l'enfant qui avait lié le personnage du film à un
professeur. Chacun, dans son pays, dans sa vie, connaît quelqu'un
qu'il assimile au président des hommes gris. Dans mes films,
je donne des idées, et c'est au spectateur de les interpréter,
selon son vécu. C'est ça la digestion !"

Dans son second
film d'animation, La Petite Mouette et
le Chat, Enzo d'Alo parle
d'intégration par le biais d'une mouette qui vit parmi les
chats. "Raconter cette situation avec des animaux est plus
agréable que de la voir dans un film montrant la vie réelle,
dit-il. Ce qui est très important dans ce film, c'est que
le chat Zorba apprend à voler à la mouette. Et cet
envol, c'est une métaphore très importante : c'est
le retour à sa vie de mouette, la découverte de ses
racines. La mouette, en vivant parmi les chats, croit être
un chat et aime être un chat. Alors Zorba lui explique qu'il
est très flatté qu'elle souhaiterait être un
chat, mais qu'elle doit comprendre qu'être mouette est encore
plus important pour elle car c'est sa nature, parce qu'elle vole,
et qu'elle a des caractéristiques que les chats n'ont pas."
Il ajoute: "Chacun doit comprendre ses caractéristiques,
ses capacités et ne pas abandonner sa culture pour adopter
la culture de quelqu'un d'autre sans apporter ses propres éléments.
Il est important de conserver son bagage culturel. C'est un peu
ce que dit le chat à la mouette Zorba." C'est alors
qu'on comprend qu'Enzo d'Alo va bien au-delà des images et
de l'histoire du premier niveau qui parle d'uf et de matous,
et raconte des fables où les animaux sont des humains grimés
qui veulent montrer le monde pour rendre à l'homme sa réflexion
et sa raison.
Quant aux
graphismes, ils sont signés Paulo Cardoni
sur La
Flèche Bleue et
Walter Cavazzutti et son équipe
pour La Petite
Mouette et le Chat et
Momo à
la conquête du temps. A l'avenir, Enzo d'Alo prévoit
de changer à nouveau de ligne graphique, car d'après
lui, "Un auteur doit être reconnaissable pour l'histoire
et la façon de la raconter, mais pas pour le reste."

Quant à
ses projets, il annonce la sortie pour Noël 2003 simultanément
en France et en Italie d'un film d'animation (Opopomoz),
qui traitera cette fois de diables et de nativité. "Les
diables, confie-t-il, essaient d'empêcher la nativité
du petit Jésus. Ils vont forcer un enfant à rentrer
dans la crèche pour bloquer le voyage de Joseph et Marie."
Au programme, aussi une adaptation de Pinocchio d'après le
roman de Carlo Collodi.
Mais pour cela, il faudra attendre sa sortie vers 2005, 2006
Interview
réalisée par Claire BILD
Momo
à la conquête du temps ****
Les infâmes
hommes gris, ombres stéréotypées aux cigares
régénérateurs forcent les hommes paisibles
du pays (notre monde) à travailler sans relâche et
à consacrer un minimum de minutes aux tâches inutiles
(manger, dormir
)afin qu'ils épargnent leur temps. C'est
de ce temps précieux, roulé en cigares que vivent
les hommes gris. Momo, fillette débarquée de nulle
part va s'acoquiner avec Cassiopée, la tortue intuitive pour
aider ses amis à retrouver leur sérénité.
Son périple va la mener au Maestro Hora, avec l'aide de qui
elle éliminera définitivement les spectres de brouillard.
Une représentation très drôle (mais aussi drôlement
réaliste) de notre monde, où la plupart sont stressés,
courent dans tout les sens après un objectif imaginaire,
dans une volonté générale de rendement, ce
que résume parfaitement l'expression : "Le temps, c'est
de l'argent".

La
petite mouette et le chat ***
Une pauvre
mouette engluée d'hydrocarbures atterrit par hasard dans
le jardin du matou Zorba. Avant de pousser son dernier soupir, elle
somme celui-ci de veiller sur l'uf qu'elle vient de pondre
et
d'apprendre à voler à l'oisillon. Zorba,
ému, accepte, mais éprouve cependant quelques difficultés
à s'occuper de Félicité, la petite mouette.
Il y parviendra tant bien que mal avec l'aide de ses amis, les chats
du port, mais les rats, prêts à tout pour déguster
une mouette braisée, l'oblige à la surveiller en permanence.
L'autre ennui vient du volatile lui-même : la mouette croit
être un chat et elle doit soudain se confronter à la
réalité de sa nature puis rejoindre les siens.
Un dessin animé à première vue plutôt
destiné aux jeunes, mais qui se révèle une
grande leçon de vie sur les thèmes de l'évolution
vers l'âge adulte (la mouette prend son envol et sa liberté)
et de l'intégration (une mouette parmi les chats). Décors
sublimes.
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Le Festival |
Sélection et palmarès 2002
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