REPORTAGE
AVANT
PROPOS :
Bienvenue à Rouen, la ville aux cent clochers, célèbre
pour sa cathédrale, la mort de Jeanne d'Arc et sa longue
histoire Nordique
Je vais vous guider à travers cette
ville tout au long de ces dix jours afin de vous narrer mon expérience
et de vous proposer un reportage sur le premier grand événement
de cette année : le Festival du Cinéma Nordique
qui fête cette année sa quinzième édition.
Découvrant avec vous ce festival j'ai choisi de vous le
faire découvrir au jour le jour au travers d'une forme
de carnet de bord plutôt que d'essayer d'en proposer une
synthèse plus rhétorique qu'objective.
Que le spectacle commence
PREMIER
JOUR :

Cinéma
LE MELVILLE de Rouen
Comme
prévu, les premières projections ont commencé
dès 10h30 ce matin. Il faut dire que le Festival du Cinéma
Nordique est extrêmement dense quand au nombre de films
projetés et au nombre de projections de chacun d'eux. On
ne dénombre pas moins de 42 films pour un total de 192
projections, sans compter les événements tels que
la leçon de cinéma, la nuit du court-métrage,
le ciné-concert
La cérémonie d'ouverture a lieu à 20h dans
la grande salle du cinéma Gaumont-République, devant
un parterre de plus de 500 personnes. Il s'agit essentiellement
des invités tant du festival que des partenaires, ainsi
que de quelques passionnés de cinéma fidèles
à l'événement. Au cours de cette cérémonie,
Jean-Michel Mongrédien va prononcer un discours célébrant
les 15 ans de ce festival et rappelant son histoire, mais aussi
soulignant son importance dans le paysage cinématographique
européen, français et rouennais. Il notera aussi
avec regret la faiblesse du circuit de distribution pour ces "
petits " films étrangers et souligne ainsi le rôle
prépondérant des salles d'Art et Essai. On notera
avec amusement que ce grand défenseur de la diversité
culturelle à Rouen (il est aussi le directeur du cinéma
d'art et essai de la ville, le Melville) possède les mêmes
initiales que ce grand patron qu'il évoquait à mots
couverts : JMM
Isabelle Duault, autre déléguée
du festival, prendra elle-aussi la parole pour évoquer
le programme, la sélection
ainsi que les membres du Jury.
André Delvaux, invité d'honneur, et Knut Eric Jensen,
une rétrospective de son uvre est programmée,
nous sont présentés. J'apprécie alors beaucoup
la gentillesse et l'humour de Knut Eric Jensen qui fait l'effort
de s'exprimer en français. Enfin, la cérémonie
est close par les discours des partenaires institutionnels du
festival : la fondation GAN pour le cinéma, les conseils
général et régional, la Drac et la Mairie
de Rouen.
Après un petit court-métrage promotionnel de la
fondation GAN pour le cinéma, la projection du premier
film en compétition peut commencer. Il s'agit de Secrets
de Famille, un films suédois de KA Andersson. Le choc
est moins rude que je ne le craignais, même si la barrière
de la langue est un peu difficile à dépasser au
début (le film est projeté en VOSTF), c'est un cinéma
dérangeant mais très agréable à découvrir,
qui nous propose même certaines scènes d'anthologie
Enfin, ma journée s'achève par le traditionnel Cocktail-dinatoire
regroupant tous les invités de cette soirée d'ouverture.
Celui-ci à lieu à la Halle aux Toiles, magnifique
salle rouennaise qui colle bien à la situation puisque
son plafond n'est autre qu'une coque de Drakkar retournée
PREMIER
WEEK-END

André
Delvaux
Beau temps à Rouen aujourd'hui ! Ce détail anodin
ne l'est pas tant que ça
C'est vrai qu'il n'est pas
propice à la fréquentation des salles, mais par contre
il permet une fréquentation un peu plus grande de la tente
d'accueil, permettant la découverte des premiers articles,
des stands de livres venus du Nord ou encore des énormes
icebergs du partenaire. On appréciera également l'espace
rencontre où le bouche à oreille est omniprésent,
permettant à chacun de savoir quels films découvrir
en fonction de ses goûts
On peut également y
découvrir le travail des étudiants locaux qui suivent
le festival. Pas de films pour moi aujourd'hui, mais le festival
continue. Les premières rencontres ont lieu, les rares réalisateurs
présents sont très ouverts, et la " leçon
de cinéma " d'André Delvaux et Jean-Luc Boissel
a été un succès. La semaine prochaine s'annonce
plus riche en rencontres et en événements alors attendons
MARDI 19 MARS
Rouen mérite malheureusement une nouvelle fois sa réputation
de cité pluvieuse
Rassurez-vous, ce n'est pas souvent
le cas ! C'est par contre avec un immense plaisir que l'on retrouve
un cinéma avenue du Général Leclerc. L'UGC
fermé, c'est le nouveau Melville qui reprend la place. Cette
nouvelle salle nous fait d'ailleurs oublier le mauvais temps tant
elle est lumineuse. Le hall d'accueil est très spacieux,
décoré aux couleurs du cinématographe et du
festival. Les quatre salles ont été rénovées,
plus spacieuses, plus propres et plus confortables. On a maintenant
un cinéma magnifique en centre-ville surtout si la programmation
annoncée (ciné-club, art et essai) tient ses promesses.
Quel joie de pénétrer dans cette salle qui, par sa
décoration, fait un peu penser à un grand bateau
Mais, me direz-vous, au-delà de la salle, c'est surtout le
film qui compte. Je viens ici voir le film " Everybody Famous
" de Dominique Derruderre qui avait reçu le prix du
public l'an dernier. Les commentaires à son sujet sont dithyrambiques,
so " wait and see "
Effectivement, sa réputation n'est pas usurpée
encore un peu et le public se serait mis à chanter "
Lucky Manuelo " à sa sortie de la séance.
Ambiance festivalière aujourd'hui au Melville. Entre les
séances, des gens restent, discutent
On échange
son avis sur le film
J'arrive environ une demi-heure avant
le prochain film Together, qui avait lui-aussi été
présenté l'an dernier. On sent une certaine excitation,
beaucoup de monde a entendu du bien de ce film et veut le voir ce-soir.
France 3 Normandie prépare les teasers de ses reportages
sur le festival, une partie de la presse est présente, et
le monde afflue très tôt avant la séance. Un
petit retard de la projection accentue encore cette excitation
Une partie de la salle tape des mains pour réclamer le film
qui commence enfin.
De deux choses l'une, ou bien j'ai réellement été
très bien conseillé ou bien l'ensemble du cinéma
nordique et réellement très bon, car à nouveau
ce film, bien que dérangeant et étonnant est vraiment
très agréable. À nouveau le public est comblé,
tout le monde attend la fin du générique et que la
salle soit rallumée pour sortir. Conformément à
la coutume du festival, les discussions sont nombreuses à
propos du film présenté, d'autant plus que le large
espace d'accueil s'y prète particulièrement.
Voilà, encore une belle journée cinéma qui
s'achève, on assiste réellement à un beau festival,
malgré un temps peu favorable à la réalisation
d'une ambiance festivalière et festive.
JEUDI 21 ET VENDREDI 22 MARS

Myriam
Boyer
Aujourd'hui , grand moment pour moi dans cette couverture du festival.
C'est en effet aujourd'hui que vont avoir lieu mes premières
grandes rencontres sur le festival. Tout d'abord, c'est Myriam Boyer,
l'une des membres du jury (réduit à trois avec les
désistements de deux des membres prévus). Je profite
d'une interview qu'elle donne à la télévision
locale pour découvrir cette comédienne très
gentille et prendre quelques clichés.

Cinéma
GAUMONT de Rouen
Le
Gaumont accueille également ce soir une rencontre-débat
avec Alex Stockman et Kate Caamerlynck sa productrice après
la projection de son premier film, Le pressentiment. Le public semble
sous le choc de ce film en Noir et Blanc et de son histoire assez
difficile. Alex Stockman répond avec beaucoup de cur,
mais aussi beaucoup de timidité ou plutôt de réserve,
aux questions d'un public qui multiplie les références
les plus flatteuses (Hitchkock
). Le film semble avoir plu,
et après le débat M. Stockman reste encore un long
moment pour discuter avec son public. Il répondra également
aimablement à mes questions sur la vie de son film qui malgré
un accueil décevant du public Belge, multiplie les festivals
afin de présenter son uvre au pus grand nombre (au
détriment malheureusement de l'écriture de son prochain
film, me dira-t-il
).
Comme on le voit, ces festivals sont ainsi l'occasion pour chacun
de discuter avec des réalisateurs, mais aussi des producteurs
très disponibles et intéressants. C'est pourquoi on
peut quelque peut regretter le manque d'attrait du public pour les
espaces d'accueil et de discussion du festival, ainsi que, à
mon avis, un certain manque de présence du jeune public qui
a ici l'occasion de découvrir un cinéma intéressant
et différent de celui qu'ils ont l'habitude de voir, ce qui
se révèle une expérience particulièrement
intéressante à mon sens.

Alex
Stockman
Vendredi
est aussi une journée importante, deux rencontres-débat
sont organisées, et plusieurs films de la compétition
sont projetés. Michiel Van Jaarsfeld présente aujourd'hui
son film, La dérive, devant
des spectateurs, les plus avertis comme les quelques étudiants
présents, toujours heureux de discuter de cette uvre
avec son créateur.

Michiel
Van Jaarsfeld
C'est
avec un très grand plaisir que je rencontre Kjell Ake Andersson
et Maria Lundqvist, l'actrice principale de son film Secrets
de famille. Ce film suscite énormément de réactions
de la part du public. Les interprétations du film sont très
différentes selon les individus, et M. Andersson semble réellement
heureux du débat que suscite ainsi son uvre, bien épaulé
dans son exposé par la pétillante Maria. Comme tous
les metteur en scène présents, M. Andersson se révèle
très disponible, ce qui me permet d'évoquer avec lui
son film, mes impressions
C'est dans ces occasions que les
festivals prennent tout leur sens et, loin de tout esprit de compétition,
permettent à chacun de faire des rencontres agréables,
instructives
tant pour le public que pour les créateurs
qui découvrent ainsi la manière dont leur uvre
est ressentie dans le monde entier. Il faut souligner ici l'admirable
travail d'organisation qui permet de créer une ambiance conviviale.

Maria
Lundqvist
et Kjell Åke Andersson
Après le débat, c'est Elling
qui est projeté et là, le bouche à oreille
a fait des merveilles puisque ce film génère des files
d'attente impressionnantes à chaque séance, ce qui
en fait le grand favori pour le prix du public lors du palmarès
demain soir.
SAMEDI 23 MARS

Jean-Michel
Mongrédien, Délégué du Festival
Le grand jour, tant attendu par la presse, le jury, le public et
les futurs lauréats est arrivé ! C'est en effet ce
samedi que va être dévoilé le palmarès.
Il faut souligner cette excellente idée des organisateurs
qui permet ainsi au public de voir ou revoir lors des séances
du dimanche les film primés.
Mais avant la palmarès, un autre grand événement
est prévu aujourd'hui : le ciné-concert. Il s'agit
de la projection à l'Ariel d'un film muet de Victor Sjöström
de 1927 en noir et blanc. En même temps, un orchestre de Jazz,
sous la direction de Joël Drouin, a mis en musique le film
et joue sous la toile pour cette séance unique. C'est réellement
un grand événement et beaucoup de monde a fait le
déplacement, notamment Alex Stockman et sa productrice qui
sont très heureux de participer au festival et ne semblent
pas affectés par la compétition. Cette séance
très longue (95 minutes) se révèle en réalité
particulièrement impressionnante tant le film est poignant
et l'orchestration parfaitement synchronisée et adaptée
au film.

Séance
de Cinéma-Concert
Dans
le même temps les projections continuent, malgré le
beau temps, les projections de Together et Elling
remportent un véritable succès.
Presque dix jours après la cérémonie d'ouverture,
nous revoilà dans la grande salle du cinéma Gaumont
pour la remise des prix. L'excitation est à son comble !
La cérémonie commence par une projection de nombreux
courts-métrages des pays nordiques, très étonnants,
souvent drôles et surtout très applaudis. Puis, trève
de discours, la cérémonie peut commencer.

Jean-Michel
Mongrédien et Isabelle Duault
Maguy
Seyer, créatrice des trophées remercie le festival,
pendant qu'Isabelle Duault traduit ses propos et ceux de Jean-Michel
Mongrédien qui préside la cérémonie.
Le premier prix remis est le prix du jeune public, remis par un
jury de cinq étudiants du Lycée Marcel Sembat de Sotteville
les Rouen très ému devant cette salle pleine. Le prix
revient au film danois Un véritable humain de Ake Sandgren.

Le
Jury du Festival (de gauche à droite) :
Moufida Tatli, Myriam Boyer et Olivier
Broche
Comme
prévu, le film plebiscité par le public est Elling
de Peter Naess (également sélectionné pour
les oscars !). La représentante de l'ambassade de Norvège
vient recevoir le prix et remercier le public rouennais. On en arrive
aux prix remis par le jury composé par Moufida Tatli, Myriam
Boyer et Olivier Broche. Olivier Broche annonce un prix d'interprétation
féminine pour une actrice débutante, la jeune et formidable
Christel Oomen pour son rôle dans La
dérive. Le Woody Allen norvégien, Per Christian
Ellefsen reçoit lui le prix d'interprétation masculine
pour un rôle de " fou " dans Elling.

Jacqueline Epskamp (scénariste), Michiel Van jaarsveld (Réalisateur)
et Isabelle Duault
Enfin,
grand moment très attendu, Michiel Van Jaarsveld reçoit
le grand-prix du jury des mains de Moufida Tatli pour son film La
dérive, un film très dur que le jury a beaucoup
aimé. Le jeune réalisateur vient chercher son prix
avec beaucoup de plaisir et va rapidement multiplier les interviews.
Jean-Michel Mongrédien rappelle comment il a découvert
ce film sur une cassette et a décidé de lui donner
sa chance et espère que ce prix lui permettra de sortir en
France.
La soirée se finit dans la joie et la cohue des interviews,
avant que tout le monde ne se retrouve à la Halle aux toiles
pour un cocktail-dinatoire joyeux où les différents
jury échangent leurs impressions, tout comme les réalisateurs
présents semblent partager leurs expériences sur ce
festival
Celui-ci continue d'ailleurs demain avec la projection des trois
films primés.

Cocktail-Dinatoire
à la Halle aux toiles
DIMANCHE 24 MARS - CONCLUSION
Eh oui ! Déjà le dernier jour du festival !
Celui-ci se finit sur un double sentiment : le succès des
projections des films primés hier ainsi que les dernières
séances des rétrospectives, mais aussi la tristesse
de voir ce festival se terminer. La tente d'accueil est désertée
et commence à être rangée par les différentes
personnes qui travaillent sur le festival
Personnellement
j'apprécie beaucoup La dérive
qui est très dur, mais très bien filmé et interprété
malgré la difficulté du thème traité.
Un véritable humain est très surprenant, mais bien
servi par sa mise en scène dépouillée (il est
filmé selon le Dogme) et Elling
me laisse un goût bizarre à la fin de la séance,
j'ai à la fois beaucoup rit et beaucoup aimé, mais
aussi eu du mal à accrocher à cette histoire et cette
manière de présenter les choses
Toujours est-il que je garderai un très très bon souvenir
de ce festival du cinéma nordique 2002 , de son ambiance
conviviale et des différentes rencontres que j'ai pu y faire.
On soulignera la gentillesse et la disponibilité tant de
l'organisation que des invités (metteurs en scènes,
producteurs, acteurs
). Je suis vraiment très heureux
d'y avoir participé, surtout au nom de ce site Internet en
en espérant que cette collaboration s'avèrera fructueuse
pour la promotion tant de ce site que de ce festival par trop méconnu,
mais vraiment agréable.
REMERCIEMENTS
David
et Élisa GOUVENEL pour m'avoir permis de participer au Festival
en leur nom. Laurent qui m'a fait découvrir Gouvenel Studio.
Sébastien VIGREUX et son assistant Damien pour leur disponibilité,
leur gentillesse et leur aide. François, Céline et
Stella qui m'ont permis d'utiliser leurs PC pour mener à
bien ce reportage. M. Clier pour ses conseils avisés en matière
de choix des films a voir.
Rémy
MARGAGE pour Gouvenel Studio
Crédits Photo : Rémy
Margage
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