|
L'apocalypse
ne doit pas effrayer, elle doit faire rêver, rêver
d'un monde meilleur, à l'instar de l'imaginaire cinématographique.
L'étymologie donne le sens et l'histoire des mots,
aussi l'apocalypse signifie révélation, divulgation.
L'apocalypse révèle, dans toutes les traditions
monothéistes, le devenir de l'homme, programme que
parfois, dans ses fulgurances, le cinéma ambitionne.
Ce n'est qu'au 19e siècle que l'adjectif apocalyptique
prend sa valeur moderne de " cataclysme " .
A l'origine l'apocalypse est un genre littéraire issu
de la tradition juive. C'est un ensemble de réflexions
eschatologiques sur les mystères d'un monde transcendant
où la connaissance secrète est révélée
aussi bien dans les mondes célestiels que terrestres.
La nature de Dieu, les créatures célestes et
la fin des temps y sont évoqués. Ce genre prend
racine dès le 3ème siècle avant Jésus-Christ
et ces " apocalypses " sont signées Esdras,
Baruch et Henoch. On en retrouve trace dans les manuscrits
de la Mer Morte.
C'est ce genre qu'emploiera Jean l'Evangéliste dans
son " Apocalypse ", livre qui clôt l'ancienne
et la nouvelle alliance. C'est aussi ce genre qui inspirera
la Kabbale et le Hassidisme, et moins sérieusement
tous les courants occultistes qui parasitent le vrai savoir,
et polluent les scénarios de films.
Une des particularités de cette littérature
est de présenter un caractère inéluctable
à la fin des temps, mesurable aux événements
terrestres, qui ne sont que l'écho de l'affrontement
céleste des forces du bien et du mal. Ce qui explique
historiquement une résurgence, et du genre, et de son
utilisation prophétique dans les grandes périodes
de guerres, de persécutions ou de troubles, circonstances
parfois propices à la fertilité des cinéastes.
C'est à partir du Moyen-Age que va s'affirmer la volonté
de comprendre le monde et ses bouleversements à travers
ces apocalypses.
Le monde traversant aujourd'hui une période pour le
moins trouble, il nous a semblé intéressant
de nous appuyer sur ce genre littéraire, et son corollaire
cinématographique, pour essayer de voir et savoir où
nous allons
A Gérardmer certes, mais après ? Les mots révélant
les maux.
Bruno Barde
Directeur du Festival
|