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PLEINS FEUX SUR DEAUVILLE 2000
Drapé
de son annuelle bannière étoilée, le Festival
du film américain de Deauville a voulu fêter l'an 2000
comme il se fallait. Comme toujours bien garni en blockbusters et
en films d'auteurs, le Festival fut cette année marqué
par un foisonnement de stars américaines venues spécialement
fouler les planches de la cité balnéaire.
Le premier week-end
de cette 26ème édition a démarré sur
des chapeaux de roue avec la projection de deux avant-premières
de taille. Le réalisateur hollandais Paul
Verhoeven est venu présenter son terrifiant et subversif
"Hollow Man" en compagnie de l'acteur Kevin
Bacon. Les fans du sulfureux "Basic Instinct" n'ont
pas manqué d'ovationner chaleureusement son réalisateur.
 
Le lendemain,
un hommage appuyé a été rendu à Clint
Eastwood, fraîchement récompensé par un
Lion d'or à Venise. L'événement était
tel que Claire Denis, Tonie Marshall et Olivier Assayas ont tenu
à être présents pour lui remettre son prix.
Clint Eastwood a profité de l'occasion pour offrir en avant-première
sa dernière réalisation, "Space Cowboys"
ou "les papys de l'espace", aux côtés de
Donald Sutherland, James Garner
et Tommy Lee Jones.
Un second hommage marquant a été rendu à l'incontournable
black des films de Tarantino, Samuel
L. Jackson. Souriant et toujours aussi branché, l'acteur
a conquis le jeune public présent avec son interprétation
de Shaft, le flic dur à cuir à la libido exacerbée.
Accompagné par la charmante Toni
Collette, les deux acteurs se sont montrés très
complices durant leur journée de promo

Présence
également très remarquée durant la semaine
de l'actrice engagée Susan
Sarandon, qui n'a pas manqué de réaffirmer haut
et fort lors de la conférence de presse ses positions politiques
sur la peine de mort. Son mari, Tim Robbins, est resté volontairement
en retrait, heureux de voir sa femme recevoir un hommage mérité.
Verhoeven, Eastwood, Jackson, Sutherland, Jones, Sarandon, Deauville
n'a pas lésiné sur les stars et les hommages. Et la
liste est loin d'être achevée puisque sont venus compléter
cette formidable affiche: Monica Bellucci,
Morgan Freeman, Brian
De Palma, Chow Yun-Fat,
Edward Norton, Salma Hayek, Dino
De Laurentiis, Matthew McConaughey,
Robert Altman et Harrison
Ford. Un tapis de stars à faire pâlir le tout Hollywood.
Show
devant
Après
"American Pie" l'année précédente,
un nouveau film-phénomène a enthousiasmé la
jeune génération de festivaliers. En effet, les fans
des films de genre n'auraient manqué pour rien au monde la
soirée spéciale réservée au caustique
et désopilant film des frères Wayans "Scary Movie".
La présence électrisante de Carmen
Electra, la belle naïade d'Alerte à Malibu, y était
bien entendu pour beaucoup dans cet engouement soudain. L'ambiance
était ce soir-là survoltée et les rires retentissent
encore dans la grande salle du C.I.D. !

Fort de son
25ème anniversaire, le Festival a organisé en milieu
de semaine une soirée digne de Broadway. La rétrospective
sur la grande époque de la comédie musicale "Broadway
Musicals" a regroupé de grands noms du spectacle venus
remémorer cet âge d'or du cinéma: Leslie
Caron ("Gigi", "Un Américain à
Paris"), Joel Grey ("Dancer
in the Dark") et le très sympathique Mickey
Rooney ("Diamants sur canapé") qui n'a pas
hésité à pousser la chansonnette et à
esquisser quelques pas de danse mémorables ! Des légendes
vivantes du cinéma qui ont fait vibrer le cur des spectateurs.
Pour sa première année en tant que partenaire officiel
du festival, Canal + a organisé la projection en plein air
de deux films qui avaient crée l'événement
à Deauville les années passées: "Le Masque
de Zorro" et le désopilant "Bowfinger". Une
soirée au clair de lune que les festivaliers et les Normands
n'oublieront pas de si tôt.
Des
films inattendus
Des drames aux
comédies, des thrillers aux films d'action, le Festival a
su aborder tous les genres cinématographiques afin de satisfaire
un public varié et cinéphile. Mais la nouveauté
de ce Festival 2000 fut la présence dans le panorama de cinéastes
venus d'horizons aussi divers que l'Angleterre, le Vénézuéla,
le Japon ou encore Hong-Kong, avec des films financés par
Hollywood. Ce fut le cas de "Brother" de Takeshi
Kitano, "Tigre et Dragon" de Ang
Lee, "High Fidelity" de Stephen
Frears, "Endurance" de Leslie Woodhead et "Woman
on top" de Fina Torres.

Deauville est
bien entendu connu pour être le portail des gros blockbusters
US, ces fameux cartons de l'été aux Etats-Unis, mais
ils furent cette année dans l'ensemble plutôt décevants:
"Apparences" avec un Harrison Ford décalé,
"U-571" ou les mésaventures "bruyantes"
d'un sous-marin de l'armée et "Suspicion", un remake
bien fade de "Garde à vue". Les grosses machines
hollywoodiennes comme "X-Men", "The Patriot",
"60 secondes chrono" ou "Mission: impossible 2"
étant déjà sorties en juillet et en août,
les avant-premières prévues pour l'automne manquaient
un peu de piment.
Le public, avide de nouveautés et d'originalité, s'est
donc légitimement tourné vers les films indépendants
de la sélection qui ont pour habitude de créer quelques
bonnes surprises. Et il a été servi puisque quatre
films en compétition se sont très nettement détachés
du lot: le sur-vitaminé "Requiem for a dream" du
surdoué Darren Aronofsky, le redoutable "Les Initiés"
de Ben Younger, le surprenant
puzzle cinématographique "Memento" de Christopher
Nolan, qui sera sans aucun doute l'événement de cette
rentrée 2000, et enfin, le punchy "Girlfight" de
Karyn Kusama. Ce dernier a d'ailleurs
reçu le Grand Prix du Festival à l'unanimité
et le prix d'interprétation pour la jeune et dynamique Michelle
Rodriguez. Un premier film prometteur qui suit le parcours d'une
adolescente sombre et maussade se prenant d'une passion dévorante
pour l'art de la boxe. Du sang neuf revivifiant pour le cinéma
américain.
Quant au film surprise prévu pour la clôture du Festival,
il n'a pas manqué de provoquer quelques remous auprès
des festivaliers qui espéraient le très attendu "Charlie
et ses Drôles de dames". Ce fut finalement le burlesque
"Escrocs mais pas trop", le dernier opus de Woody Allen,
qui eu le privilège de clore cette 26ème édition.
Un cadeau de Noël avant l'heure de la part du réalisateur
new-yorkais.

Après une semaine "surbookée" passée
entre les salles obscures, les conférences de presse, les
séances photos et les incontournables bains de soleil iodés,
gavés de films et de stars, retour au bercail lessivé
mais franchement comblé. On en redemande déjà
!
Elisa
GOUVENEL
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