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NOSTALGIE
À DEAUVILLE
Pour son 25e anniversaire, le Festival du film américain
de Deauville a mis les petits plats dans les grands en invitant
toute une pléiade de stars. Même avec un soleil omniprésent,
les festivaliers ont préféré délaisser
la plage pour les salles obscures. Signe d'une sélection
pleine de promesses

En 25 ans, Deauville
a vu défiler sur ses célèbres planches les
plus grandes pointures du cinéma américain. L'occasion
de fêter cet anniversaire en compagnie des stars qui ont marqué
le festival en leur déroulant le tapis rouge. 40 légendes
du cinéma se sont donc réunies pour une photo souvenir
d'exception sur la scène du C.I.D : Kirk
Douglas, Lauren Bacall,
Cyd Charisse, James Coburn,
Gena Rowlands, Sydney
Pollack, Charlotte Rampling,
Anouk Aimée, Claude Lelouch,
Jean Reno
Impressionnant
! Quatre hommages ont également consacré durant la
semaine des acteurs et réalisateurs de renom : Al
Pacino, Robin Williams, Michael
Caine et Ang Lee.
Assurément les quatre temps forts de cette 25ème édition.
 
Côté
films, les cinéphiles présents diront que le cru 1999,
avant-premières (comprendre "blockbusters") et
panorama, n'était pas à la hauteur de l'événement.
L'absence du médiatique "Star Wars : Episode 1"
et du controversé "Eyes Wide Shut" de Stanley Kubrick
a fait bouillir les festivaliers. Mais quelques productions ont
tout de même réussi à tirer leur épingle
du jeu. Ce fut entre autres le cas du sucré et émouvant
"The Cider House Rules" de Lasse
Hallström et du dernier John Mc Tiernan, "Thomas Crown",
remake de "L'Affaire Thomas Crown". Un film d'humour et
d'action efficace réunissant un couple des plus glamours:
le séducteur Pierce Brosnan
et la pétillante Rene Russo.
Le duo a fait forte impression lors de l'avant-première et
les festivaliers sont restés sous le charme de leurs jeux
amoureux
à l'écran bien sûr.
Rire
à la carte
Le festival
99 a donné la part belle aux comiques. Billy
Crystal est venu dès la soirée d'ouverture faire
son show devant un parterre de photographes médusé
par les facéties de l'acteur. Fous rires garantis aussi avec
"Bowfinger", la nouvelle comédie du réalisateur
de "In & Out". Avec cette satire délirante
de la Mecque du cinéma, Steve
Martin a fait hurler de rire les spectateurs aux côtés
d'un Eddie Murphy méconnaissable !

La nouvelle
génération de comiques n'était quant à
elle pas en reste, bien au contraire. Le Mr. Box Office d'Hollywood,
Adam Sandler, encore méconnu
en Europe, ne devrait pas tarder à s'imposer chez nous avec
"Big Daddy". Mais ce sont surtout Jason
Biggs, Tara Reid, Chris
Klein and Co, la bande de potache du corrosif "American
Pie" (véritable carton de l'été aux Etats-Unis)
qui a emporté les faveurs des festivaliers. Avec eux, la
relève est assurée. Sans oublier "Teaching Mrs.
Tingle et "Belles à mourir", deux petits bijoux
d'ironie, l'un sur le corps enseignant et l'autre sur les concours
de beauté.

Seule déception
à noter au tableau, celle de "Jacob le menteur"
de Peter Kassovitz, pâle copie de "La Vie est Belle"
de Roberto Benigni, avec un Robin Williams
qui ne trouve pas sa place dans le registre du drame. Mais chassé
le naturel
, le comédien a une fois de plus démontré
ses dons de comique en mettant tous les journalistes dans sa poche
au cours d'une conférence de presse très dissipée.
Priorité
: talents
Véritable
vitrine du cinéma indépendant américain, Deauville
bénéficie d'une couverture médiatique grandissante
au fil des ans et son festival est devenu un véritable tremplin
pour les jeunes réalisateurs d'Outre-Atlantique. Dépréciés
aux Etats-Unis, leurs films trouvent un second souffle en Europe,
en partie grâce au festival de Deauville.
La compétition a une nouvelle fois permis de découvrir
dix films mêlant créativité, audace et richesse
artistique. On a retrouvé avec plaisir Anna
Thomson et son mentor Amos Kollek ("Sue Perdue dans Manhattan")
dans "Fiona", un film traitant une nouvelle fois des thèmes
de l'échec et de l'exclusion. Mais la bonne surprise de la
sélection revient aux jumeaux
Polish qui signent avec "Twin Falls Idaho" l'émouvante
et insolite histoire de deux frères siamois confrontés
à la différence. Soumis au regard du jury présidé
cette année par Régis
Wargnier, le Grand Prix a été attribué
sans conteste à "Being John Malkovich" de Spike
Jonze. Loufoque, étrange et résolument original,
ce premier film a remporté un franc succès auprès
des festivaliers. John Malkovich et Cameron Diaz y sont absolument
surprenants. A coup sûr l'événement de cet automne
en France.
L'ambiance amicale
et chaleureuse propre au festival de Deauville, ses planches, son
défilé de stars et son palmarès ont une fois
de plus comblé les gloutons du grand écran.
Elisa GOUVENEL

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