
DEAUVILLE
DANS LES ETOILES
Deauville
a fait le plein de blockbusters et de stars pour combler les festivaliers
de cette 23ème édition.
Après
avoir visionné quelques superproductions manquant cruellement
d'originalité comme "The Lost World: Jurassik Park",
"Air Force One" ou encore "Kiss the girls",
les festivaliers sont tombés sur une perle rare qui les
a littéralement réveillé de leur torpeur:
"Face / Off" de John Woo.
Avec deux têtes d'affiche comme Travolta et Cage et une
mise en scène incomparable, John
Woo a crée l'événement. Une réalisation
hautement esthétique, des ralentis prodigieux, des scènes
de combats époustouflantes, une intrigue béton,
une bande son décapante, bref, du grand John
Woo. Il est même drôle de voir à quel point
ce réalisateur pourtant si réservé et effacé
est capable de faire des films aussi violents.

Mike
Myers, accompagné de ses "girls", a présenté
dans l'enthousiasme général le désopilant
"Austin Powers". Une comédie incroyablement kitsch
dans laquelle le héros de "Wayne's World" s'est
inventé un personnage so british and so funny !
Grrr baby !! Mike Myers n'a
pas son pareil pour mettre dans sa poche les photographes et le
public avec ses pitreries dignes des plus grandes scènes
de cafés-théâtres new-yorkaises. Cet homme
est un show à lui tout seul !
"My
Best Friend's Wedding" est la nouvelle comédie de
P.J. Hogan, le réalisateur
australien de l'excellent "Muriel". Une savoureuse comédie
avec une Julia Roberts pétillante ! L'équipe du
film s'était donné rendez-vous sur les planches
mais manquait à l'appel les deux principales intéressées:
Julia Roberts et Cameron Diaz. Heureusement, les hommes étaient
bel et bien présents. Dermot
Mulroney, Rupert Everett et
P.J. Hogan ont assisté
à une soirée organisée par le Festival sur
le thème du mariage. Le blanc était bien entendu
de rigueur.

John
Waters, le trublion du film trash est venu recevoir un hommage
pour l'ensemble de sa carrière de réalisateur. Etait
présenté pour l'occasion l'une de ses anciennes
pièces d'anthologie, le graveleux "Pink Flamingos".
Un film n'a pas été du goût de tous mais c'est
ce qui fait toute la singularité de l'uvre de ce
provocateur né.
Au cours de la semaine, plusieurs films en compétition
ont retenu l'attention du Jury présidé par Sophie
Marceau. Ce fut le cas notamment de "In the company of men"
de Neil LaBute, "Love! Valour! Compassion!", "Six
Ways to Sunday" et "The Locusts". Le dernier film
de David Mamet "The Spanish Prisoner", un suspense haletant
mené tambour battant par Campbell Scott, méritait
lui aussi le détour.

Dans
le Panorama, on retiendra le documentaire de Sarah Kelly sur le
tournage du film "Une nuit en enfer" nommé "Full
Tilt Boogie". Robert Rodriguez est venu, coiffé de
son éternel chapeau de cow-boy, présenter le film
avec Sarah Kelly. Un bel exercice de style que les amateurs de
Rodriguez et Tarantino ont apprécié. Mais la véritable
surprise du Festival est venue de "Sling Blade", total
outsider, un petit film signé par Billy Bob Thornton,
inconnu au bataillon (qui ne devrait pas le rester longtemps).
"Sling Blade" est un portrait intelligemment brossé
de l'Amérique profonde avec une interprétation époustouflante
de la part du réalisateur himself.
Mais c'est finalement "Sunday", le film de Jonathan
Nossiter, qui a reçu le Grand Prix du Jury sous la stupéfaction
générale du public. Effectivement, le film a été
la cible de longues controverses de la part des festivaliers durant
toute la semaine. Un peu à la manière de Cannes,
Deauville s'est offert sa petite huée. Mais que serait
un Festival sans cette agréable montée d'adrénaline
?
Elisa
GOUVENEL