
Jean-Marc Barr au Caméo Ariel de Metz
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Dans
l'Illinois, Lyle, un fermier de 35 ans dont le mariage, arrangé
pour une question de patrimoine, n'a jamais été consommé,
découvre la sexualité avec Juliette, une jeune française de
passage dans la région. Elle lui révèle vite le goût de la
chair et de l'amour. Mais leur liberté contamine le village
de Rankin (village natal du père de Jean-Marc Barr) et sème
le désordre dans une communauté rurale encline à l'hypocrisie
et au puritanisme abusif.
Too Much Flesh est le second volet issu de la trilogie sur
la liberté conçue par Jean-Marc Barr, filmé en numérique dans
la droite lignée du Dogme. Après Lovers qui traitait de la
liberté d'aimer qui on veut, ce film aborde le délicat sujet
de la liberté de la sexualité et du plaisir au sein d'un milieu
puritain. L'initiation de Lyle par Juliette au plaisir charnel
est filmée à fleur de peau, à la hauteur de son brûlant désir
de re-découvrir le corps de la femme. A noter la vibrante
et touchante prestation de Rosanna Arquette dans le rôle de
l'épouse.
On ne peut pas rester indifférent devant un tel film qui fait
à la fois l'effet d'une caresse et celui d'une claque. On
aime ou on n'aime pas mais il n'y a pas de juste milieu. Osé,
provoquant et par-dessus tout sensuel, Too Much Flesh aurait
pu verser dans le politiquement incorrect. Mais la manière
de filmer, la sensation tactile de l'image due à la DV ainsi
que l'intime complicité qui lie Elodie Bouchez et Jean-Marc
Barr, donnent une profondeur et une intensité particulière
au film. On retiendra l'errance de ces deux êtres au milieu
d'un "sulfureux" champ de blé !
Parfois maladroit et naïf dans son propos (des scènes qui
traînent en longueur et des silences parfois étouffants),
Barr parvient à insuffler cette générosité et cette curiosité
que n'ont pas les productions hollywoodiennes contre lesquelles
le réalisateur-acteur s'insurge depuis son rôle phare dans
Le Grand Bleu. Too Much Flesh dit "fuck" aux démons de l'Amérique
puritaine et c'est tant mieux. Le dernier volet de la trilogie,
actuellement en post-production, s'appelle Being Light et
traite de la liberté d'esprit dans un monde de plus en plus
standardisé et homogénéisé.
Liberté quand tu nous tiens…
E.G.
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